Deucalion et Pyrrha

Deucalion et Pyrrha
DEUCALION ET PYRRHA
ou « Réflexion d'un polythéiste tourmenté sur un futur imaginatif »
( et vice versa )

1
Lors de la grande guerre qui opposa les chrétiens aux musulmans en 2334, toutes les Eglises s'étaient unies en une seule, la Grande Eglise Evangéliste. Forte de plusieurs centaines de robots-drones, et soutenue par la majorité de la population mondiale, la GEE mit toutefois cinq longues années à repousser et éliminer les musulmans ; ces derniers, tous extrémistes, avaient supprimé les modérés jugés trop faibles, et luttaient jusqu'à la mort. La religion musulmane disparut avec eux.
Sortie vainqueur du conflit, la GEE se trouvait seule institution religieuse au monde : Toutes les autres religions comme le bouddhisme et l'hindouisme avaient été emportées dans la tourmente de la guerre. Soit leurs populations croyantes avaient été converties par les Surévangélistes, archanges de la pureté, soit elles avaient été oubliées au fil des générations, délaissant leur religion et leurs rites pour survivre.
La chrétienté régnait donc, seule. Le monde entier s'était converti, heureux d'enfin adhérer à une cause unique. L'ère qui suivit la guerre connut un essor économique, technologique et démographique sans précédent. Axée autour de la croyance chrétienne et de la paix, la vie s'écoulait sans douleurs. Les frontières disparurent, remplacées par des divisions territoriales égales régies par un cardinal et les Surévangélistes.

Le Pape était devenu par conséquent le maître du monde, et il parlait avec sagesse au nom de tous. Jean-Paul XXII était un bon Pape, intelligent et généreux, sachant gérer les problèmes. Au pouvoir en 2457, il constata avec inquiétude que la Terre, dévastée par la Guerre, accueillait 21 milliards d'humains. De grandes famines furent évitées de justesse : la Terre ne suffisait plus à l'homme, son sol était usé et fatigué, sa faune et sa flore presque anéanties.
Jean-Paul XXII décréta alors que la Terre, foyer de l'homme et création de Dieu, devait être évacuée. Sept planètes lointaines, dans le bras opposé de la galaxie, furent choisies pour accueillir chacune 3 milliards d'habitants. Holtz Stemberg, le Einstein du XXIVème siècle, avait inventé en 2372 le téléporteur. Son invention fut mise à profit pour évacuer la population de Terre, qui devenait de plus en plus instable.
Le dernier, le Pape quitta la Terre. Il observa le fruit de 7 jours de labeur de Dieu. Devant lui, Jérusalem, alors capitale du monde et mégalopole florissante, était vide de ses habitants. Il adressa une prière à Dieu, priant pour que la nature reprenne ses droits sur la Terre, dans l'espoir de la voir renaître un jour. Le Pape fit un dernier signe de croix, et il s'engouffra dans le téléporteur, porte vers les étoiles, rejoignant Bethlehem, planète principale du nouvel Empire Humain Chrétien de la Voie Lactée.

La Terre, sans ses polluants habitants, reprit des couleurs. Les vieilles constructions s'érodèrent, s'effondrèrent, et furent bientôt recouvertes par les forêts. Un nouvel âge d'or se profilait pour elle. La vie reprenait ses droits, peu à peu. A l'autre bout de la galaxie, les hommes suivaient toujours son évolution via satellite. Un jour pourtant, une distorsion dans l'univers happa la Terre dans un autre plan : Les plus éminents scientifiques avaient en effet démontré l'existence de deux plans parallèles dans l'univers ; l'un, dans lequel les hommes vivaient actuellement, appelé « plan de l'humain » ; L'autre, où la Terre venait de s'engouffrer, était appelé « plan du divin ». Là, les théories plaçaient Dieu et les Anges, le Paradis et l'Enfer. Les âmes à la mort des corps se dirigeaient donc vers ce second plan. Ainsi, on considéra que Dieu avait rappelé à lui la Terre. Les hommes avaient toujours eu pour ambition d'y revenir un jour ; la mort de la Terre fut apprise avec tristesse, et on porta le deuil de la planète.
Seul le téléporteur de Stenberg reliait la Terre aux hommes, mais personne n'osait le prendre : Passer d'une dimension à l'autre se serait avéré trop dangereux. La planète-mère n'était donc plus joignable.
Le temps toujours s'écoulait. Mais en 2941, il ne s'écoula plus pour les hommes : le secret de l'immortalité avait été percé dans les cellules de l'Homme. Pis : on avait trouvé le moyen de faire revenir à la vie les morts, lorsqu'un accident survenait. La mort était vaincue, grâce à un produit chimique appelé « vita deus », qui soignait et réactivait le mort. Chacun pouvait également choisir son âge. On pouvait rajeunir, retrouver l'état de bébé ou l'âge adulte à volonté : les facultés mentales ne bougeaient pas.
Les hommes ne se reproduirent plus. Les femmes restaient éternellement vierges, par égard à la sainte vierge Marie ; les hommes assouvissaient leurs désirs charnels avec des androïdes femelles, prévues à cet effet. Ces robots existaient depuis des siècles. Inventés en 2047 par un frustré, elles avaient fait fureur jusqu'alors. Les androïdes cependant perdirent rapidement leur attrait. Les hommes, pieux chrétiens, vainquirent grâce à l'esprit leurs instincts sexuels et leur perversité. Ils n'eurent bientôt plus besoin d'elles.
Le nombre des humains restait stable. Le Pape fixa le nombre d'habitant maximal par planète : pas plus de 7 milliards. Certains hommes parfois mouraient. Ils avaient soit une grande lassitude de leur trop longue vie, soit ils souhaitaient rejoindre dans l'autre plan Dieu et la Terre. Un couple était alors autorisé à avoir un enfant ; un événement de ce genre, très rare, était fêté par toute la famille.
L'Empire humain s'agrandit dans la galaxie, répandant la paix et la parole chrétienne chez les peuples autochtones rencontrés au gré des planètes portant de la vie intelligente. Elles furent sauvegardées et protégées par décret du Pape.

# Posté le vendredi 23 mai 2008 15:08

Modifié le vendredi 23 mai 2008 15:22

CHAPITRE 2

CHAPITRE 2
2


En 3320, cependant, le pape Léon V, alors âgé de 399 ans ( il était devenu Pape à l'âge de 61 ans en 2941), douta. Il douta du but de l'existence humaine. La paix entre tous les hommes existait sous son règne, et s'était répandue à travers la galaxie et au-delà. Tous étaient de bons chrétiens, croyants, refusant le vice. Mais aucun signe de Dieu, depuis des millénaires, n'était apparu. Tout était pourtant parfait ! Quand le Christ reviendrait-il ? Rien ne venait. Le ciel restait silencieux.
Le Pape fit alors des recherches dans les écrits anciens, certain que quelque chose lui avait échappé. Cela lui prit cinquante années de sa vie.
Entre temps, le descendant de Holtz Stenberg, Karl Stemberg, venait de vaincre une nouvelle force de l'univers, après la mort : le temps. La machine à remonter le temps inventée en 3370, était le fruit de son cerveau boosté aux ondes endoshériales.
Il avait suffit à l'inventeur de saturer de lumière de la matière noire. A saturation, la lumière faisait imploser la matière noire, provoquant une décharge colossale d'énergie en un point très précis, déchirant le voile du temps, et permettant de se déplacer dans l'espace et le temps grâce à certaines coordonnées.
Il suffisait d'y penser.
Apprenant cela, le Pape eut une illumination : non pas de Dieu, mais de sa conscience. Il fallait retourner sur Terre, revenir dans le temps, et découvrir la tâche que les hommes avaient encore à accomplir. Il fallait néanmoins emprunter le téléporteur.
Deux êtres humains furent chargés d'accomplir cette tâche.
L'une, Pyrrha, était âgée de 179 ans. Elle était la Gardienne de l'Ultra sacro-sainte cathédrale de Paris, Notre-dame de l'Espoir. Son courage et son intelligence exceptionnels, ainsi que son ouverture d'esprit, son sang-froid et sa capacité à réagir promptement l'avaient désignée d'office pour cette périlleuse mission. D'une très grande beauté, la jeune rousse éveillait parfois chez les hommes leurs bas-instincts.
L'autre, Deucalion, 225 ans, était sûrement le chrétien le plus convaincu de l'Histoire de l'Empire Humain Chrétien de la Voie Lactée. Porteur de l'épée de St Michel, Grand Intendant des Surévangélistes, membre le plus éminent de l'Ordre des Archanges de la pureté, il portait humblement tous les espoirs du Pape. Grand, brun, fort et intelligent, courageux et pieux, il était l'homme idéal pour une mission d'une telle ampleur.
Les deux se connaissaient depuis maintenant 78 ans, mais ils conservaient une certaine distance entre eux-deux : les grands esprits font des étincelles quand ils sont trop proches, disait-on.

Ils se présentèrent devant l'Antique et Unique Portail de téléportation. Il tombait en ruine, personne n'osant s'approcher et l'entretenir. Mais il fonctionnait toujours.
Tous deux avaient revêtu une armure complète en denzium, résistante, et ayant, grâce à un vieux système, la capacité de devenir invisible. Un casque complétait leur protection, qui ne laissait voir d'eux que leurs yeux, derrière une vitre en verre ultra condensé. L'équipement était complètement étanche. Deucalion portait à la ceinture un unique pistolet à réverbération d'ondes, qui suffirait amplement à les défendre en cas d'attaque.
L'entreprise était risquée : on ne savait pas où menait le téléporteur. Les deux héros mirent à leurs poignets la machine temporelle de Karl Stemberg, et après un dernier signe de croix, ils passèrent la porte des étoiles.
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# Posté le vendredi 23 mai 2008 15:09

Modifié le vendredi 23 mai 2008 15:22

CHAPITRE 3

CHAPITRE 3
3

Happés dans la distorsion qui séparait les deux plans, le divin et l'humain, leurs corps subit malgré l'armure de terribles déformations. Ils serrèrent les dents courageusement :

« Par St Michel, notre ange bien aimé ! Qu'il nous protège de ces souffrances ! », rugit Deucalion.
« Que Dieu nous vienne en aide ! », répondit Pyrrha.

Traversant le cosmos et la barrière entre les plans à la vitesse de Stemberg, (l'omniprésent physicien avait calculé la vitesse des ondes de téléportation, évoluant à 109 systèmes solaires par secondes ), ils eurent du mal à discerner quelque chose dans le chaos. Le passage entre les deux plans fut progressif ; 45 secondes plus tard, il atterrirent sur Terre. Ils étaient les premiers humains dans le second plan, le plan divin.

« Rien ne change par rapport au plan des humains... » constata Deucalion, étonné.

La Terre semblait dominée par une espèce de mollusque-reptile marin, capable de s'adapter à tous les milieux marins. Les mammifères avaient été réduits à quelques espèce plus résistances.

« Ce n'est pas possible, où sont les anges, Dieu, et le Paradis ? enragea Deucalion.
- Nos scientifiques se sont trompés, voilà tout, répondit Pyrrha, plus posée. Essayons la machine temporelle, et visualisons l'histoire. Nous trouverons forcément quelque chose. »


Le voyage spatio-plan n'avait cependant pas été sans dommages. Deucalion s'effondra soudain, terrassé par une hémorragie cérébrale. Pyrrha l'accompagna avec douceur dans la « mort ». Il n'y restera pas longtemps.
De sa ceinture, elle se saisit du « vita deus », et le positionna dans la cellule prévue sur l'armure. Le produit se répandit dans les veines de l'homme, et il revint à la vie, essoufflé. Il était indemne.

« Argh...J'ai un de ces mal de crâne ! fit-il, peu choqué.
- Je sais, ce n'est jamais agréable de mourir...répondit Pyrrha, pensive. La première fois, j'ai été malade de peur... Est-ce que vous L'avez vous ?
- Non, il n'y avait rien...qu'une rivière sombre et terrifiante...comme d'habitude.
- Tous ceux qui meurent disent cela, et moi avec, à leur retour à la vie. Aucun ne L'a vu, Lui. Qu'une rivière sombre, et parfois une silhouette dans le noir. Rien de plus.
- Combien de fois êtes-vous morte ?
- Sept fois. J'ai des petits problèmes cardio-vasculaires. C'est dans mes gènes. »

Deucalion mit en marche la machine temporelle.

« 2334, ça vous va ? »

Pyrrha acquiesça.

« J'ai toujours voulu voir cette horrible guerre, comment elle s'est déroulée. Les musulmans... Jésus, sauveur, pardonnez-leur ! »

Deucalion pressa la commande. Le temps de cligner des yeux, et ils étaient en 2334.
Une ogive nucléaire explosa à leurs pieds. Protégés par leur épaisse armure en denzium, ils ne ressentirent qu'une légère secousse.

« Taux de radiation alpha : 97,5 %. L'armure est étanche à 100 %, monsieur. »

Deucalion remercia l'ordinateur intégré de son armure.

Autour d'eux, la guerre faisait rage, totale et meurtrière. La Terre tremblait, secouée de tous côtés par les explosions. Les drones s'affrontaient sur le champ de bataille Terre. Les Croix de Dieu, robots d'élites de la GEE, avaient sans cesse le dessus. Bientôt, tous les drones des extrémistes musulmans furent détruits. Ils ne leur restaient plus qu'à mourir.
Les hommes sortirent en armure de combat, tirant au canon à plasma sur les drones du Pape. Les boucliers de ces derniers, trop puissants pour être détruits, les protégèrent entièrement. Les drones tournèrent leurs bouches à feu vers les hommes. Deux grandes explosions successives illuminèrent le ciel, puis tout fut fini. Sur ce front, la GEE avait vaincu.
Pyrrha reprogramma la machine.

« L'histoire se déroule selon son cours normal, dit-elle. Où allons-nous ? «

Deucalion hésita, pensif. Puis il se tourna vers elle et dit avec détermination :

« En Judée, en l'an +30.
- Jésus et la résurrection ?
- Exact. »

Ils se regardèrent longuement, à travers la visière de leurs casques.

« Le plus grand événement de notre temps... là où tout à commencé. » dit gravement Deucalion en appuyant sur le bouton.[/
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# Posté le vendredi 23 mai 2008 15:10

Modifié le vendredi 23 mai 2008 15:23

CHAPITRE 4

CHAPITRE 4
4


Trouver Jésus dans la région fut une tâche aisée pour les deux humains invisibles : la région était agitée par l'événement, la capture du Christ dans la ville et sa condamnation. Quand ils gravirent la colline, le sauveur était sur la croix, mort. Ils le regardèrent quelques secondes, étreints par l'émotion.
Pyrrha eut soudain un doute. Le visage du Christ lui était familier. Elle fit part de son impression à son compagnon.

« Tu dois le confondre avec l'un des acteurs qui joue chaque année la Passion, chuchota Deucalion, ému. N'y penses plus. »

La scène était l'exacte description de la sainte Bible. Des hommes apparurent, et se saisirent de Jésus, inerte. Les deux héros les suivirent jusqu'à la grotte. Là, ils placèrent à l'insu des hommes une minuscule caméra infrarouge, auprès du corps de Jésus. Ils s'en allèrent, et les observèrent rouler une lourde pierre devant l'entrée. Le tombeau se refermait sur le Christ.

« A l'aube du troisième jour, nous aurons la vision divine », dit Deucalion, plein d'espoir.

Ils patientèrent, surveillant sur un écran tout mouvement à l'intérieur du tombeau. Ils ne remarquèrent rien. Les trois jours s'écoulèrent. Mais rien n'avait bougé.
Patientant devant le tombeau, les yeux rivés sur leur écran, les deux visualisaient le corps immobile du Christ sans comprendre. Deucalion aperçut, sortant de la ville, la silhouette d'une femme : Marie-Madeleine. Elle venait par ici.

« Que se passe-t-il donc... » dit Deucalion, inquiet.

Marie-Madeleine montait toujours. D'ici trois à deux minutes, elle serait là. C'est Pyrrha qui eut le déclic. Son esprit faillit sombrer sur le coup, puis elle se secoua, déterminée :

« Deucalion, active ton exosquelette et pousse le rocher » souffla-t-elle, insondable.
- Quoi ? »

Les pupilles de l'homme étaient dilatées, ses yeux, exorbités. Il la regarda, incrédule, pendant quelques secondes.

« Ne me dis pas que...
« On nous a trompés, Deucalion. Ou plutôt nous nous sommes nous-mêmes trompés. Pousse le rocher, s'il te plait. »

La demeure de l'esprit de Deucalion s'écroula. Son doigt activa machinalement l'exosquelette, et, comme un robot, il poussa sans effort l'énorme rocher. Pyrrha se précipita à l'intérieur, et se jeta sur le Christ. Le corps était encore là, inerte. D'ici une minute, Marie-Madeleine arrivait. Pyrrha attendit quelques secondes, prise tout à coup d'un fol espoir, très vite anéanti. Marie serait là dans quelques secondes, et il était trop tard pour Dieu ou quiconque autre qu'elle d'agir.
Elle s'était menti à elle-même toute sa vie. « IL » n'existait pas. « IL » était l'invention de l'homme mort qui gisait devant-elle, de ce qui semblait n'être qu'un jeune homme à l'esprit enfièvré, ou l'invention de tout un peuple égaré dans un désert. Elle avait déjà vu son visage quelque part... mais il fallait agir. Le corps du Christ ne se relèverait pas sans elle.
Malgré elle, elle appliqua le « vita deus » sur Jésus. L'homme se réveilla. Pyrrha activa son exosquelette, le prit dans ses bras et sortit hors de la grotte, toujours invisible. Une seconde plus tard, Marie-Madeleine arriva, les bras chargés de linges. Elle les lâcha de surprise, devant la pierre roulée et le sépulcre vide. Son cri résonna dans toute la vallée.

« Il a ressuscité ! »

Puis elle revint vers la ville, folle de joie.
Pyrrha secoua l'épaule de Deucalion, dont un flot de larmes recouvrait les joues. Il se releva à contrec½ur. L'homme et les deux humains du futur marchèrent quelques mètres. Pyrrha désactiva le système d'invisibilité, et désactiva celui de Deucalion, qui restait amorphe. L'homme ne parut pas surpris par son apparition.

« Qui êtes-vous, l'homme ? » dit Pyrrha.
- Je suis Jésus, le fils de Dieu. »

Pyrrha plissa ses yeux et répéta :

« Qui êtes-vous ? »

L'homme détourna le regard, hésitant. Puis il revint à elle, baissant la tête.

« Je suis Karl Stemberg. »

Derrière eux, Deucalion s'était effondré dans un bruit mat sur le sol poussiéreux.
Pyrrha ne sembla pas étonnée. Elle avait bien vu ce visage quelque part.

« Poursuivez. »

Le génial inventeur prit une grande inspiration. Il semblait préparé à ce moment.

« Je suis revenu sur Terre avant vous, mais j'avais été prévenu que vous viendriez. Je voulais mener mes recherches avant vous, qui êtes plus... au service de l'Eglise. J'ai voyagé dans le temps, jusqu'à cette époque ou presque : trente années avant aujourd'hui. J'ai hélas constaté qu'aucun homme ne naissait dans une étable en cette année. Je suis revenu en +30, ou j'ai fait la découverte la plus capitale de mon existence : La vérité. Il n'y avait aucun sauveur, aucun Messie, aucun crucifié, aucun Jésus Christ, fils de Dieu. J'ai fouillé le siècle entier, croyant m'être fourvoyé d'année. Mais il n'y avait rien.
Je suis alors allé dans un passé plus proche. L'Empire romain a quelque peu changé alors : dominé par des empereurs venus de l'Est, il est néanmoins resté puissant, sous le nom de Grand Empire Européen. Il ne s'est pas effondré. Et il est polythéiste. Le monde connaît de petits conflits, mais la paix est en grande majorité maintenue partout. La liberté de pensée est considérée comme la plus grande des valeurs à défendre. Certains peuples sont par exemple monothéistes, mais peu. Et ces peuples croient en des divinités uniques de la nature. Pas de christianisme. Pas de Jésus. L'immense majorité des peuples croient au panthéon Greco-egypto-romain.
J'ai remonté jusqu'en 2334. Pas de guerre. La paix est mondiale. La Terre accueille un nombre limité d'habitants, 5 milliards environ. La technologie n'a quasiment pas évolué ; pas de poudre, pas de pétrole, pas d'électricité. La vie n'est pas frustre, loin de là, mais elle n'a pas atteint le niveau du passé que je croyais être le nôtre. »

L'homme s'interrompit, comme transporté par ses dires.

« La technologie n'évoluait pas jusqu'à notre ère, je l'ai vu de mes yeux. Les règles physiques sont connues, les mathématiques enseignées. Mais toujours pas d 'électricité en 3350... La médecine fait figure d'exception : elle est très évoluée. Les hommes, à partir de remèdes naturels, vivent jusqu'à 100 ans en grande majorité, souvent plus. Les femmes atteignent même 135 ans, et elles meurent capables de se déplacer avec aisance et de parler correctement. La mort est douce et acceptée par tous. La population, assez vieille, évolue toujours, assez lentement. En 3350, elle doit comprendre 8 milliards d'habitants. Et là, la courbe atteint un plat. Elle ne montera ni ne descendra plus. 8, comme l'infini du divin...
D'après les textes d'un philosophe de l'Antiquité, les hommes de ce futur sont des Atlantes : une technologie simple, qui ne risque pas d'engranger de destructions ; un peuple sage et en osmose avec la nature. Les réflexions sur les dieux et les hommes sont nombreuses et débattues entre des hommes instruits et intelligents. Un vrai petit Eden... »

Karl Stemberg grogna, et jeta dans le vide un regard plein de colère.

« Je ne voulais pas de ce futur. La technologie n'atteignant même pas l'âge de la poudre ? Mon esprit scientifique s'y refusa, et m'enjoignit à agir. J'échafaudai alors un plan, dont vous faisiez partie intégrante.
Il fallait inventer le Christianisme. Il le fallait, au nom de la science ! J'ai pris la forme d'un nouveau-né en l'an dit « 0 », à Noël, pour coller à la tradition. Un homme et une femme m'ont adopté. Le monde retiendra le nom de « Marie » et de « Joseph », de braves personnes, soumis à l'Empire comme toute la région. J'ai refait l'histoire de Jésus. Non, je ne l'ai pas refait, je l'ai faite ! Sans moi, Jésus n'existait pas. En fait, je suis « Jésus », moi, Karl Stemberg. Difficile à comprendre, hmm ? Il m'était facile de reproduire les faits et paroles de Jésus : à notre époque, qui ne connaît pas par c½ur la Bible ? Les miracles, grâce à la technologie, furent aisés à reproduire. Les paroles de Jésus, je les connaissais, puisque Jésus, c'était moi. J'ai influé le futur. Celui que je vous ai décrit n'existera jamais. Je suis à l'alpha et l'oméga de notre civilisation : je l'ai fait naître, et aujourd'hui je la fais progresser grâce à mes recherches. Je suis le passé et le futur de l'Empire Humain Chrétien de la Voie Lactée. Venons en à votre rôle.
Crucifié, je savais que vous viendriez voir la résurrection du Christ. Et comme je vous connais, Pyrrha, depuis maintenant un siècle, j'avais anticipé votre réaction : vous comprendriez vite, et vous me sortiriez des limbes de la mort grâce au « vita deus ». Ainsi, vous avez ressuscité le Christ. »

Pyrrha s'affala, abasourdie.

« C'est une histoire de fou, murmura-t-elle. Sans la machine... »
- Sans la machine, rien de tout cela aurait eu lieu. Mais, me diriez vous, comment cela est-il possible ? Avez vous vraiment ce que cela implique ? »

Pyrrha tortura ses méninges engourdies.

« Nous avons évolués en connaissant l'histoire de Jésus, dans la voie chrétienne. Jésus a en fait existé et ressuscité grâce à la machine... cela implique que...
- Que la machine était destinée à exister, et moi destiné à l'inventer, comme vous destinée à me ressusciter. La preuve la plus évidente que le c'est le Destin qui tire toutes les ficelles. Ce qui repousse au loin toutes nos belles théories chrétiennes de volonté divine... »

Pyrrha mit un certain temps à comprendre l'ampleur de la découverte.

« Ah... le destin ! fit Stemberg, souriant. Une seule religion à su l'accepter comme tel, et le placer au-dessus du divin et des hommes... et ce n'est hélas pas la nôtre ! Je l'aime cependant trop pour ne pas accepter le rôle de Jésus. Les hommes de notre futur sont des hommes bons, Pyrrha, même s'ils vivent depuis des millénaires dans le mensonge. Je vais rentrer et me taire sur tout, et détruire ma machine. »

Pyrrha se redressa, reprenant comme à son habitude très vite le dessus sur elle-même.

« Qu'allez vous faire ? »
- Je vais programmer un hologramme de l'Apothéose du Christ, je reviendrai à notre époque et je reprendrai le téléporteur. Revoir ma chère technologie moderne... ces frustres hommes me dégoûtent », fit-il, désignant du doigt un homme poussant dans un champ une charrue.
« Faîtes ce que bon vous semble, Pyrrha. Mais d'abord... »

Il sortit une télécommande de sa ceinture, et appuya sur le bouton rouge central.

« J'ai désactivé la fonction « retour en arrière » de votre machine temporelle, au cas où vous seriez prise de remords et que vous me laissiez dans les bras de la mort, en revenant une petite heure en arrière. Vous pourrez toutefois aller vers l'avant, et si vous le voulez, rejoindre notre époque. »

Le physicien se retourna et s'éloigna. Pyrrha, le désespoir envahissant son c½ur, fondit en larmes.

« Où est la vérité ? dit-elle. Je me sens aveuglée, seule. De quelle religion parliez-vous ? Quelle est la voie ? »

Tournant la tête tout en continuant à avancer, Stemberg lui lança :

« Coordonnées 5.256/-2.548, dans les années 400, je crois ! Bonne chance ! »[/
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# Posté le vendredi 23 mai 2008 15:11

Modifié le vendredi 23 mai 2008 15:23

CHAPITRE 5

CHAPITRE 5
5

Deucalion était mort depuis que Stemberg avait commencé à parler. Refroidi, il s'agita tout en pleurant pour se réchauffer quand Pyrrha le réanima. La femme lui parlait d'une voix douce et rassurante :

« Mourir n'est pas un remède à la tristesse, Deucalion. Nous devons percer les brumes qui nous entourent et trouver la lumière.
- Qui suis-je, Pyrrha ? répondit l'homme, désorienté. Je n'ai plus la foi. Tous mes titres, tout ce qui faisait de moi ce que j'étais à disparu. Je suis vide.
- Je cherche quelque chose pour combler votre vide, Deucalion. Et cette chose est aux coordonnées 5,256/-2,548, en l'an 400 »

Ils composèrent les numéros et voyagèrent à travers le temps et l'espace. Ils atterrirent sur une montagne froide et triste.

« Où sommes-nous ? » demanda Deucalion.

L'ordinateur fut moins rapide que Pyrrha :

« Au sommet du Mont Olympe... »

Un vieil homme à la barbe blanche et aux yeux bleus était assis sur une chaise de bois, et fixai le monde à ses pieds d'un air mélancolique. Invisibles, ils s'approchèrent.

« Je sais que vous êtes là, dit le vieil homme d'une voix grave et profonde. Je ne sais pas qui vous êtes, mais restez là, j'ai besoin de parler. Je n'en ai pas pour longtemps : le dernier être qui croit en moi est sur le point de s'éteindre. Et comme ma famille, mes s½urs, mes fils et mes frères, je vais disparaître dans l'Ether. Une autre croyance s'est formée voilà quatre siècles, et elle nous a dévastés. J'aurais accepté sans trop de remords la défaite, si j'avais vu le dieu de cette religion, ce Yahvé, ce Dieu unique. Je l'aurais affronté, et comme il aurait été soutenu par plus de croyants, j'aurais été vaincu et j'aurais cédé ma place.
Il aurait pris les rênes.
Mais il n'y a rien en face. Il n'y pas de Yahvé, ou de Dieu. Rien. Je ne comprends pas. Personne ne reprendra les rênes du monde après ma disparition. Prométhée, avant qu'il ne disparaisse à son tour, me l'avait prédit : L'ère qui nous suivra plongera le monde dans les ténèbres un certain temps. Puis les hommes, créations chéries de mon grand-père, se redresseront. Ils croiront alors avoir retrouvé la lumière. Mais elle n'est que factice. Notre vérité n'existera plus. Nous avons créé les hommes sur la Terre, et aujourd'hui ils nous délaissent. Sans eux, nous n'avons pas de raisons d'être, et nous disparaissons... Le destin, encore et toujours le destin ! Ils délaisseront également la Terre-mère, Gaïa, et ils vivront loin d'elle pour toujours. Dans l'honneur, le courage et la tolérance, certes, mais dans le mensonge le plus absolu. »

Une larme, unique et cristalline, coula le long de la barbe du vieil homme.

« Si un jour futur quelqu'un dissipait le nuage de brume, découvrant la vérité et qu'il revenait ici, qu'il ait une pensée, une prière pour moi, pour nous tous. Nous réapparaîtrons alors, moi et mes frères. Et avec cette personne à nos côtés, nous redonnerons aux hommes, sur Terre, l'avenir qu'ils auraient dû connaître : une vie dans la lumière et la simplicité. Oh, au début, la vie restera frustre comme aux premiers jours sombres, sans aubes. Puis la lumière se fera sur le monde neuf des hommes : l'Atlantide. J'ai tenté de l'atteindre avec cette humanité. Nous en étions proches par certains points. J'étais certain qu'avec un peu de temps, nous l'aurions atteint, au bonheur de tous. Cela n'a plus d'importance. J'ai échoué en ce jour.
Ayez donc une pensée pour Zeus, esprits que je sens proches. Voici venu mon crépuscule. Puisse un jour Hélios éclairer à nouveau mon corps ! Au revoir ou à jamais ! Mon dernier fidèle vient de s'éteindre, écrasé par les ruines de mon temple... »

La voix du dieu devint un murmure, puis il disparut comme poussière dans le vent.

« Le destin...le destin est donc la vérité ? Cette religion antique la réalité ? » fit Deucalion.
« Ces dieux n'existent que par le vouloir des hommes...la croyance à laquelle nous avons cru renversait cet ordre naturel. Les hommes selon elle n'existaient que par la volonté de Dieu. Ce Dieu était donc factice...ou simplement inactif et invisible, qui sait ? Le destin tire les fils, et cela contredit ce que j'ai appris en un siècle. Cela me suffit pour perdre la foi. Et ce destin au-dessus de tous vient de nous envoyer un indice clé. M'accompagnes-tu ? demanda Pyrrha. Je retourne en 3370. »
Deucalion haussa les sourcils, étonné :

« Tu veux retourner sur notre planète chrétienne ? Je ne pourrais pas. »

Pyrrha secoua la tête, encore casquée.

« Non, sur Terre. Au même endroit, mais en 3370. »

Elle enclencha la machine, suivie par Deucalion. Réapparut la Terre comme ils l'avaient découverte en arrivant par le téléporteur. Le sommet de l'Olympe avait retrouvé ses neiges éternelles. Pyrrha sourit à son compagnon, et s'avança vers l'endroit où le vieillard se trouvait quelques millénaires auparavant.

« Ô Zeus, revenez de votre long exil, nous avons découvert la vérité... »

Le vieil homme apparut, souriant. Puis ses rides disparurent. Il se redressa, et ses épaules semblèrent croîtrent, tout comme sa taille. Ses bras s'élargirent. Zeus, le maître de la foudre, apparaissait en majesté, enfin. Il s'inclina légèrement vers Pyrrha, et dit d'une voix douce et grave :

« Puis-je vous demander de faire revenir ma famille ? Sans elle, je ne peux rien pour la Terre. »

En prononçant chaque nom de divinité, Pyrrha la faisait apparaître, riant aux éclats ou pleurant de bonheur. Une heure durant, elle les cita tous, sans en omettre un seul. Ils naissaient de son esprit, et les noms coulaient comme une source. Tous, ayant salué les deux humains et Zeus, s'en allèrent reprendre leurs fonctions.
Le roi de l'Olympe, désormais enlacé à Héra aux bras de nacre, inclina derechef la tête vers les deux héros, avec un respect saisissant. Il se tourna vers Pyrrha :

« J'ai donné la femme en punition à l'homme, et elle sauve aujourd'hui les dieux ! »

Un éclair de jalousie traversa les yeux d'Héra. Zeus revint vers elle :

« J'ai passé trop de temps dans l'Ether pour déjà être lassé de ta beauté, ma reine, et me jeter sur les mortelles... »

Le ciel des yeux de la déesse redevint rapidement bleu. Zeus leva le bras, montrant la Terre à ses pieds :

« Le destin est bien la vérité élémentaire. Une nouvelle humanité va naître ici. Non pas d'Adam et Eve, comme je l'ai entendu sur Terre il y a des années...mais de...Deucalion et Pyrrha. »

Leurs deux noms mit bout à bout, l'esprit de Deucalion fit tilt.
« C'est un...c'est un mythe grec ! s'exclama-t-il, fixant Pyrrha du regard. Les survivants du déluge ! »

« C'est vrai. Mais les mythes sont-ils seulement des mythes ? » répondit Zeus, énigmatique.

Pyrrha s'inquiéta soudain :

« Dans ce second plan dans lequel se trouve la Terre actuellement, l'Empire n'existe pas, n'est-ce pas ? Il est dans le premier plan ? »

Zeus acquiesça, lisant dans les pensées de la jeune femme.

« Il ne peut pas nous atteindre...normalement. » répondit le dieu, soucieux.
- Si, il le peut, intervint Deucalion en dégainant son pistolet é réverbération d'ondes. Je me charge de cela : Stemberg n'a plus le droit de nous faire du mal. »

Il leur tourna le dos, enclencha la machine temporelle et se déplaça dans l'espace.

« Où est-il allé ? » demanda Pyrrha, inquiète.
- Votre ami est digne de votre personne, Pyrrha. Il était si convaincu dans sa foi... j'ai lu votre passé dans vos yeux, dit Zeus devant l'air étonné de ¨Pyrrha. Il a changé si vite, sans se plaindre, alors que son esprit avait quasiment volé en éclats. Les hommes m'étonneront toujours.
- Je me suis demandé comment il avait accepté si vite la vérité, fit la belle humaine, perplexe.
- Ce n'est pas la foi qui soutient cet homme. C'est l'amour qu'il vous porte. »

Pyrrha prit un air étonné.

« Ne me faîtes pas croire que vous ne l'avez pas remarqué, dit le dieu. Cela ce voit dans les regards que vous échangez, la manière dont vous vous déplacez tous les deux... Eros s'est affaibli, ces temps-ci, mais il est très présent à vos côtés, Deucalion et vous. »

Pyrrha rougit.

« C'est un homme bon et droit. C'est ce que j'aime chez lui. » dit-elle simplement.

Deucalion apparut quelques secondes plus tard, le pistolet encore fumant à sa ceinture.

« J'ai détruit le téléporteur. Plus rien ne nous relie avec le premier plan. »

Pyrrha comprit alors son prompt déplacement.

« Descendons de l'Olympe, dit-elle à son compagnon. Ce territoire appartient de nouveau aux dieux. Et surtout quittons cette armure. J'ai tellement besoin de sentir le vent...
- Il fait trop froid ici. Descendons un peu. Allons sur le site d'Athènes. Si nous devons fonder une cité, n'est-ce pas l'endroit le plus approprié ? »

Sous les yeux pétillants de bonheur de Zeus, ils descendirent quelques mètres de la montagne avant de se déplacer dans l'espace. Ils atterrirent sur une plaine, dans un champ de plantes jaunes qui rappelait le blé. A l'Ouest, le soleil se levait, étirant ses rayons sur le monde. Pyrrha et Deucalion ôtèrent leurs casques étouffants. La chevelure rousse de la belle humaine se déploya grâce au Zéphyr. L'amour trop longtemps contenu de Deucalion envahit tout à coup son c½ur. Ils s'embrassèrent longuement. Puis ils retirèrent leurs armures. Sous elles, ils étaient nus. Face à face, dans le soleil levant, ils n'avaient pas honte de leur nudité. Le péché originel n'avait plus lieu d'être. Ils se trouvèrent beaux et jeunes. Ils s'étreignirent et s'unirent là, dans le champ, sous la divine protection d'Aphrodite. L'aube se levait sur le renouveau des hommes. Ils perdirent tous deux ce jour là leur virginité : le sexe avait été banni de leur vie... le plaisir qui les submergea alors leur était totalement inconnu ; ils en rirent aux éclats. Leur bonheur réchauffait le c½ur des dieux qui les observaient.
Leurs étreintes achevées, enfin en paix avec leurs corps, ils reçurent les instructions de Zeus : il leur fallait jeter des pierres par-dessus leur épaule. Chaque pierre, en touchant le sol, donnait naissance à un couple homme/femme. Ils en jetèrent des centaines, des milliers sur leur route jusqu'à Athènes. Des hommes de toutes tailles, de toutes couleurs en naquirent. Ils se séparèrent, voyageant par groupes vers le Sud, le Nord, l'Est et l'Ouest. La plupart prirent la direction de l'Ouest : Le Soleil qui brillait au loin était le plus beau porteur des espoirs qu'ils avaient.
Deucalion demanda à Zeus de détruire de son foudre les armures, le pistolet et la machine de Stemberg, ainsi que le « vita deus ». Les mois passèrent. Pyrrha eut son premier enfant sans trop de douleur, suivit par de nombreux autres. Les rides parcoururent bientôt leurs visages sans qu'ils en prennent peur. Une nuit calme et douce, Thanatos les prit tous deux dans leur sommeil, alors qu'ils dormaient main dans la main, leur arrière-petit-fils dormant dans le berceau tout proche.
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# Posté le vendredi 23 mai 2008 15:14