DEUCALION ET PYRRHA
ou « Réflexion d'un polythéiste tourmenté sur un futur imaginatif »
( et vice versa )
ou « Réflexion d'un polythéiste tourmenté sur un futur imaginatif »
( et vice versa )
1
Lors de la grande guerre qui opposa les chrétiens aux musulmans en 2334, toutes les Eglises s'étaient unies en une seule, la Grande Eglise Evangéliste. Forte de plusieurs centaines de robots-drones, et soutenue par la majorité de la population mondiale, la GEE mit toutefois cinq longues années à repousser et éliminer les musulmans ; ces derniers, tous extrémistes, avaient supprimé les modérés jugés trop faibles, et luttaient jusqu'à la mort. La religion musulmane disparut avec eux.
Sortie vainqueur du conflit, la GEE se trouvait seule institution religieuse au monde : Toutes les autres religions comme le bouddhisme et l'hindouisme avaient été emportées dans la tourmente de la guerre. Soit leurs populations croyantes avaient été converties par les Surévangélistes, archanges de la pureté, soit elles avaient été oubliées au fil des générations, délaissant leur religion et leurs rites pour survivre.
La chrétienté régnait donc, seule. Le monde entier s'était converti, heureux d'enfin adhérer à une cause unique. L'ère qui suivit la guerre connut un essor économique, technologique et démographique sans précédent. Axée autour de la croyance chrétienne et de la paix, la vie s'écoulait sans douleurs. Les frontières disparurent, remplacées par des divisions territoriales égales régies par un cardinal et les Surévangélistes.
Le Pape était devenu par conséquent le maître du monde, et il parlait avec sagesse au nom de tous. Jean-Paul XXII était un bon Pape, intelligent et généreux, sachant gérer les problèmes. Au pouvoir en 2457, il constata avec inquiétude que la Terre, dévastée par la Guerre, accueillait 21 milliards d'humains. De grandes famines furent évitées de justesse : la Terre ne suffisait plus à l'homme, son sol était usé et fatigué, sa faune et sa flore presque anéanties.
Jean-Paul XXII décréta alors que la Terre, foyer de l'homme et création de Dieu, devait être évacuée. Sept planètes lointaines, dans le bras opposé de la galaxie, furent choisies pour accueillir chacune 3 milliards d'habitants. Holtz Stemberg, le Einstein du XXIVème siècle, avait inventé en 2372 le téléporteur. Son invention fut mise à profit pour évacuer la population de Terre, qui devenait de plus en plus instable.
Le dernier, le Pape quitta la Terre. Il observa le fruit de 7 jours de labeur de Dieu. Devant lui, Jérusalem, alors capitale du monde et mégalopole florissante, était vide de ses habitants. Il adressa une prière à Dieu, priant pour que la nature reprenne ses droits sur la Terre, dans l'espoir de la voir renaître un jour. Le Pape fit un dernier signe de croix, et il s'engouffra dans le téléporteur, porte vers les étoiles, rejoignant Bethlehem, planète principale du nouvel Empire Humain Chrétien de la Voie Lactée.
La Terre, sans ses polluants habitants, reprit des couleurs. Les vieilles constructions s'érodèrent, s'effondrèrent, et furent bientôt recouvertes par les forêts. Un nouvel âge d'or se profilait pour elle. La vie reprenait ses droits, peu à peu. A l'autre bout de la galaxie, les hommes suivaient toujours son évolution via satellite. Un jour pourtant, une distorsion dans l'univers happa la Terre dans un autre plan : Les plus éminents scientifiques avaient en effet démontré l'existence de deux plans parallèles dans l'univers ; l'un, dans lequel les hommes vivaient actuellement, appelé « plan de l'humain » ; L'autre, où la Terre venait de s'engouffrer, était appelé « plan du divin ». Là, les théories plaçaient Dieu et les Anges, le Paradis et l'Enfer. Les âmes à la mort des corps se dirigeaient donc vers ce second plan. Ainsi, on considéra que Dieu avait rappelé à lui la Terre. Les hommes avaient toujours eu pour ambition d'y revenir un jour ; la mort de la Terre fut apprise avec tristesse, et on porta le deuil de la planète.
Seul le téléporteur de Stenberg reliait la Terre aux hommes, mais personne n'osait le prendre : Passer d'une dimension à l'autre se serait avéré trop dangereux. La planète-mère n'était donc plus joignable.
Le temps toujours s'écoulait. Mais en 2941, il ne s'écoula plus pour les hommes : le secret de l'immortalité avait été percé dans les cellules de l'Homme. Pis : on avait trouvé le moyen de faire revenir à la vie les morts, lorsqu'un accident survenait. La mort était vaincue, grâce à un produit chimique appelé « vita deus », qui soignait et réactivait le mort. Chacun pouvait également choisir son âge. On pouvait rajeunir, retrouver l'état de bébé ou l'âge adulte à volonté : les facultés mentales ne bougeaient pas.
Les hommes ne se reproduirent plus. Les femmes restaient éternellement vierges, par égard à la sainte vierge Marie ; les hommes assouvissaient leurs désirs charnels avec des androïdes femelles, prévues à cet effet. Ces robots existaient depuis des siècles. Inventés en 2047 par un frustré, elles avaient fait fureur jusqu'alors. Les androïdes cependant perdirent rapidement leur attrait. Les hommes, pieux chrétiens, vainquirent grâce à l'esprit leurs instincts sexuels et leur perversité. Ils n'eurent bientôt plus besoin d'elles.
Le nombre des humains restait stable. Le Pape fixa le nombre d'habitant maximal par planète : pas plus de 7 milliards. Certains hommes parfois mouraient. Ils avaient soit une grande lassitude de leur trop longue vie, soit ils souhaitaient rejoindre dans l'autre plan Dieu et la Terre. Un couple était alors autorisé à avoir un enfant ; un événement de ce genre, très rare, était fêté par toute la famille.
L'Empire humain s'agrandit dans la galaxie, répandant la paix et la parole chrétienne chez les peuples autochtones rencontrés au gré des planètes portant de la vie intelligente. Elles furent sauvegardées et protégées par décret du Pape.
Sortie vainqueur du conflit, la GEE se trouvait seule institution religieuse au monde : Toutes les autres religions comme le bouddhisme et l'hindouisme avaient été emportées dans la tourmente de la guerre. Soit leurs populations croyantes avaient été converties par les Surévangélistes, archanges de la pureté, soit elles avaient été oubliées au fil des générations, délaissant leur religion et leurs rites pour survivre.
La chrétienté régnait donc, seule. Le monde entier s'était converti, heureux d'enfin adhérer à une cause unique. L'ère qui suivit la guerre connut un essor économique, technologique et démographique sans précédent. Axée autour de la croyance chrétienne et de la paix, la vie s'écoulait sans douleurs. Les frontières disparurent, remplacées par des divisions territoriales égales régies par un cardinal et les Surévangélistes.
Le Pape était devenu par conséquent le maître du monde, et il parlait avec sagesse au nom de tous. Jean-Paul XXII était un bon Pape, intelligent et généreux, sachant gérer les problèmes. Au pouvoir en 2457, il constata avec inquiétude que la Terre, dévastée par la Guerre, accueillait 21 milliards d'humains. De grandes famines furent évitées de justesse : la Terre ne suffisait plus à l'homme, son sol était usé et fatigué, sa faune et sa flore presque anéanties.
Jean-Paul XXII décréta alors que la Terre, foyer de l'homme et création de Dieu, devait être évacuée. Sept planètes lointaines, dans le bras opposé de la galaxie, furent choisies pour accueillir chacune 3 milliards d'habitants. Holtz Stemberg, le Einstein du XXIVème siècle, avait inventé en 2372 le téléporteur. Son invention fut mise à profit pour évacuer la population de Terre, qui devenait de plus en plus instable.
Le dernier, le Pape quitta la Terre. Il observa le fruit de 7 jours de labeur de Dieu. Devant lui, Jérusalem, alors capitale du monde et mégalopole florissante, était vide de ses habitants. Il adressa une prière à Dieu, priant pour que la nature reprenne ses droits sur la Terre, dans l'espoir de la voir renaître un jour. Le Pape fit un dernier signe de croix, et il s'engouffra dans le téléporteur, porte vers les étoiles, rejoignant Bethlehem, planète principale du nouvel Empire Humain Chrétien de la Voie Lactée.
La Terre, sans ses polluants habitants, reprit des couleurs. Les vieilles constructions s'érodèrent, s'effondrèrent, et furent bientôt recouvertes par les forêts. Un nouvel âge d'or se profilait pour elle. La vie reprenait ses droits, peu à peu. A l'autre bout de la galaxie, les hommes suivaient toujours son évolution via satellite. Un jour pourtant, une distorsion dans l'univers happa la Terre dans un autre plan : Les plus éminents scientifiques avaient en effet démontré l'existence de deux plans parallèles dans l'univers ; l'un, dans lequel les hommes vivaient actuellement, appelé « plan de l'humain » ; L'autre, où la Terre venait de s'engouffrer, était appelé « plan du divin ». Là, les théories plaçaient Dieu et les Anges, le Paradis et l'Enfer. Les âmes à la mort des corps se dirigeaient donc vers ce second plan. Ainsi, on considéra que Dieu avait rappelé à lui la Terre. Les hommes avaient toujours eu pour ambition d'y revenir un jour ; la mort de la Terre fut apprise avec tristesse, et on porta le deuil de la planète.
Seul le téléporteur de Stenberg reliait la Terre aux hommes, mais personne n'osait le prendre : Passer d'une dimension à l'autre se serait avéré trop dangereux. La planète-mère n'était donc plus joignable.
Le temps toujours s'écoulait. Mais en 2941, il ne s'écoula plus pour les hommes : le secret de l'immortalité avait été percé dans les cellules de l'Homme. Pis : on avait trouvé le moyen de faire revenir à la vie les morts, lorsqu'un accident survenait. La mort était vaincue, grâce à un produit chimique appelé « vita deus », qui soignait et réactivait le mort. Chacun pouvait également choisir son âge. On pouvait rajeunir, retrouver l'état de bébé ou l'âge adulte à volonté : les facultés mentales ne bougeaient pas.
Les hommes ne se reproduirent plus. Les femmes restaient éternellement vierges, par égard à la sainte vierge Marie ; les hommes assouvissaient leurs désirs charnels avec des androïdes femelles, prévues à cet effet. Ces robots existaient depuis des siècles. Inventés en 2047 par un frustré, elles avaient fait fureur jusqu'alors. Les androïdes cependant perdirent rapidement leur attrait. Les hommes, pieux chrétiens, vainquirent grâce à l'esprit leurs instincts sexuels et leur perversité. Ils n'eurent bientôt plus besoin d'elles.
Le nombre des humains restait stable. Le Pape fixa le nombre d'habitant maximal par planète : pas plus de 7 milliards. Certains hommes parfois mouraient. Ils avaient soit une grande lassitude de leur trop longue vie, soit ils souhaitaient rejoindre dans l'autre plan Dieu et la Terre. Un couple était alors autorisé à avoir un enfant ; un événement de ce genre, très rare, était fêté par toute la famille.
L'Empire humain s'agrandit dans la galaxie, répandant la paix et la parole chrétienne chez les peuples autochtones rencontrés au gré des planètes portant de la vie intelligente. Elles furent sauvegardées et protégées par décret du Pape.



